Déjà mon dernier billet (je sais, vous devez être profondément attristés)! Pourquoi ne pas clore le tout en beauté et en grâce, comme me l’a si bien dit ma collaboratrice Stéphanie, en vous parlant des Grands Ballets Canadiens de Montréal. Alors que débute ce jeudi, au Théâtre Maisonneuve, les représentations de la Soirée Stravinski, un spectacle signé par le chorégraphe invité par les Grands Ballets, le Néerlandais Stijn Celis, j’ai décidé d’enfiler mes chaussons et de vous présenter les dessous de cette compagnie montréalaise au rayonnement international.
Créés en 1957, les Grands Ballets Canadiens de Montréal se sont donné pour mission de populariser le ballet sous toutes ses formes. Depuis l’arrivée du directeur artistique Gradimir Pankov en 2000, la compagnie n’a cessé de stimuler l’imagination du public et de l’émouvoir, tout en lui transmettant sa passion de la danse. Les Grands Ballets se produisent régulièrement sur les scènes du monde entier et font rayonner le talent d’ici.
Une marque de plus en plus tournée vers l’innovation et un jeune public
L’année 2011 s’est terminée en beauté pour les Grands Ballets, la compagnie ayant fracassé des records de vente pour son spectacle Casse-Noisette. Selon Alain Dancyger, le directeur général, ce succès est dû à la renommée grandissante de la compagnie, personnalité de la marque « Grands Ballets » se concrétisant de plus en plus: théâtrale, émotive, audacieuse et innovatrice.
Je crois aussi que le fait que la compagnie cherche de plus en plus à élargir son
public contribue à ce rayonnement grandissant. Tout comme beaucoup d’organisation dans l’industrie culturelle, les Grands Ballets cherchent à rejoindre un public plus jeune par différentes initiatives. On le voit, par exemple, avec la carte « Je me pointe », qui offre aux 16-30 ans une réduction (considérable) de 40 % pour assister aux spectacles.
Mais, surtout, la compagnie a développé une présence pertinente sur le web, laquelle vient s’ajouter à sa stratégie de communication marketing qui combine plusieurs outils: matériel promotionnel, publicité télé, publicité dans les journaux et les magazines, affichage et relations publiques. En voici un aperçu.
Parce qu’on est voyeur et on aime les dessous!
En plus du site web, les Grands Ballets sont présents sur les réseaux sociaux: ils comptent une chaîne YouTube, une page Facebook (Timeline!) et un compte Twitter. Une visite des plateformes m’a permis de conclure que la compagnie a compris que deux choses:
- Les contenus qui se « performent », comme un spectacle, doivent laisser leurs traces sur le web, soit par le biais de vidéos, de photos, d’inédits ou autres (comme je l’ai expliqué dans un billet précédent).
- Le public aime ce qui commence par « les dessous de », « contenu inédit » et « en coulisse »: il faut lui partager du contenu exclusif et social by design, c’est-à-dire du contenu créé pour être partagé.
Vous voulez voir à quoi ressemble un spectacle des Grands Ballets avant de peut-être vous procurer des billets ou encore visionner des entrevues avec les metteurs en scène ou les concepteurs des costumes? Vous le pouvez avec la chaîne YouTube ou la section « Arrière-scène » sur le site web. Quoi de mieux que la vidéo pour faire vivre une performance sur le web et pour intéresser les gens aux spectacles. À mon avis, c’est un outil très fort. Voici, par exemple, un extrait de la Soirée Stravinski, mis en ligne il y a plus d’un mois et donc avant que le spectacle ne soit en salle.
La section « Arrière-scène » du site web est une mine d’or de photos et de vidéos sur les Grands Ballets: entrevues avec les chorégraphes, parcours des danseurs, répétitions, etc. En la visitant, j’ai découvert que la compagnie avait organisé un atelier de danse du ballet Casse-Noisette pour faire bouger les enfants dans le métro (idée géniale – à quand pour les plus grands? ha! ha!)
Sur la page Facebook, qui compte plus de 7000 fans, on a aussi droit à du contenu exclusif: beaucoup de contenu visuel au rendez-vous (on aime!). On y voit par exemple des images d’une classe de ballet au petit matin. Un petit hic: la section des vidéos mériterait une mise à jour, le dernier remontant à septembre 2011 – pas le droit au relâchement (surtout pour une compagnie de ballet!).
La présence des Grands Ballets sur Twitter est toutefois plus discrète: le compte a seulement 355 followers et, à moins de faire une recherche directement sur Twitter, on ignore son existence puisqu’aucun lien vers celui-ci n’est présent sur les autres plateformes. La compagnie aurait avantage à le mettre de l’avant pour consolider sa présence sur les réseaux sociaux.
Sur la bonne voie
Bien que le contenu reste encore généralement axé sur la promotion des spectacles, la compagnie est sur la bonne voie en partageant du contenu exclusif, visuel et dynamique à son public sur le web. Rappelons-le: les organisations culturelles ont intérêt à se servir de ce qu’elles ne contrôlent pas (la visibilité et la viralité sur le web) pour donner de la valeur à ce qu’elles contrôlent (les spectacles). Parions que le succès grandissant des Grands Ballets est loin d’être une tendance éphémère.
Que pensez-vous de initiatives des Grands Ballets sur le web pour intéresser et attirer un public plus jeune?


