Les nouvelles technologies ont redéfini notre rapport à la culture, pour le meilleur et pour le pire. Jamais la culture n’a été aussi accessible que maintenant grâce à la montée du numérique. Jamais la culture n’a connu une si grande dévalorisation que maintenant à cause de la montée du numérique…
Le 8 février dernier avait lieu au Cinéma Excentris des conférences Infopresse ayant pour thématique Le marketing des produits culturels, comment tirer profit de la révolution numérique ? Grégoire Baret, vice-président exécutif chez Nurun, nous présentait ce jour-là Culture : sur place ou à emporter ?, une conférence sur l’impact du mobile sur la culture. M. Baret nous expliquait à ce moment quatre conséquences du numérique sur la culture que je trouve particulièrement intéressantes et véridiques. Dans une ville aussi foisonnante en ce qui a trait à la culture que Montréal, ces impacts prennent une importance capitale.
Impacts du numérique sur la culture
1. L’outil créatif devient une commodité
De nos jours, il est facile de s’improviser artiste. Vous avez toujours voulu créer de la musique ? Téléchargez la version gratuite de Fruity Loop et le tour est joué. Vous avez toujours voulu être un photographe ? Procurez-vous un iPhone, prenez des photos avec votre appareil et le tour est joué. Vous pouvez même ajouter quelques effets à partir de votre téléphone portable. Les peintres frustrés peuvent trouver leur compte avec Paint.
Bref, il y a maintenant de nombreuses possibilités pour les gens d’exprimer leur créativité par l’entremise d’outils numériques. Les amateurs côtoient les professionnels dans tout ce fouillis virtuel.
2. L’art s’expose en masse
Youtube, Myspace, Flickr, Prosite, ReservoirT sont autant de plateformes sur lesquelles les artistes peuvent exposer leur art sur Internet. Pour les consommateurs, il est maintenant possible de « consommer » la culture sans avoir à se déplacer dans une galerie, dans un magasin de disques ou dans une salle de concert. Il existe même des artistes qui utilisent Internet comme média exclusif pour exposer leur art (par exemple Rafaël Rozendaal). Le web permet aux artistes de diffuser leur art à une plus grande échelle que dans un lieu physique.
3. Le rituel est désacralisé
Les plateformes portables font en sorte que l’on peut transporter la culture avec nous en tout temps : les iPods dans le métro, les vidéos regardées à partir du téléphone intelligent dans les salles d’attente, les sites web où l’on peut voir les œuvres des artistes sur tablettes, etc. On donne moins d’attention à ce que l’on écoute/voit.
Ce n’est plus un moment qu’on prend pour examiner, contempler, s’empreindre d’une œuvre, c’est plutôt une des activités du « multitâche » quotidien.
4. La valeur culturelle est remise en question
Sur le web, la culture est partagée, parfois piratée, on peut s’y abonner pour 7,99 $ par mois sur Netflix; cela affecte assurément notre rapport aux arts. Pourquoi payer pour une chanson alors qu’on peut l’écouter en streaming sur Youtube gratuitement ? L’œuvre elle-même n’est plus suffisante pour qu’on y investisse de l’argent, il faut y trouver une valeur ajoutée.
Que pensez-vous de ces nouvelles normes ? Croyez-vous qu’elles sont bénéfiques ou nuisibles pour la culture dans un milieu comme Montréal ?

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